Musique, par Manuel Hernandez

Publié le par Manuel Hernandez

Musique

 

Si je dis musique, aussitôt se présentent des faiseurs de bruits, des femmes en chaleur, des adolescents ivres, des joueurs de guitare sur deux accords, des vendeurs de pouet, de schuuuu, des matraqueurs de djembé et autres percussions, des informaticiens du dimanche, des oubliés de la scène, des avaleurs de toxines qui perçoivent le son avec leur ventre !

 

Parfois, un miracle, la justesse, la finesse, le sens du rythme, la couleur, l’élégance, la douceur d’un murmure. C’est extrêmement rare !

 

La musique est-elle donc morte ? Ou bien veut-on nous le faire croire sous prétexte qu’elle n’est pas financièrement rentable ? Veux t’on que nous disparaissions dans le flot du quotidien contrôlé par la Sainte Economie de marché ? Tout en engraissant des compositeurs sans talent, aux ouvrages insipides, pour mieux enfoncer le clou ?

 

La musique a peut-être quitté, pour la première fois de l’histoire de l’Humanité, les hommes et les femmes d’aujourd’hui, ici.

 

Alors nous ferons de la musique pour les autres, les chiens – Satie y avait pensé – les brins d’herbes, les autres espaces en fait.

 

Mais nous continuerons sans cesse d’en faire avec les enfants, car l’Art est émancipateur, les enfants ont leur compagnon de chimère mais pas d’idole !

 

Un enfant écoute.

 

Manuel Hernández, musicien.

 

2O septembre 2006, année MOZART

 

 

Publié dans Musique

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hernandez 06/10/2006 02:06

cher jean yves,
 je ne savais pas que tu avais publié ce texte sur internet, ce coup de gueule du désespoir.Oui, le monde d'aujourd'hui écrase ses enfants dans le bruit et le sang, puis retourne à son miroir, sa névrose.
Le musicien, le petit musicien est cet "enfant laboureur" que chante si bien Barbara, un talent, elle! Le petit musicien n'a que faire des gadgets et des jouets pour animaux.
toute mon amitié, Manuel.