Ponema

Publié le par Jean-Yves

Quoi de plus déprimant qu'un "gazon anglais", véritable désert vert, artificiel et inerte ? Quoi de plus agaçant, dès le retour des premiers beaux jours, que d'entendre en permanence le ronflement lancinant des tondeuses frénétiquement ressorties de leur hibernation ? Quoi de plus énervant que de voir tous les bords de routes et de chemins régulièrement transformés en paillassons gris par des gyrobroyeuses qui détruisent tout sur leur passage ? Pourquoi vouloir toujours à tout prix ratiboiser le moindre brin d'herbe qui dépasse ? C'est une question que je me pose depuis très longtemps et qui est toujours restée pour moi une énigme incompréhensible.
Dans mon tout petit bout de jardin, au printemps, des centaines de fleurs sauvages apparaissent, bien plus belles que n'importe quel monstre horticole : véroniques, pâquerettes, pissenlits, bourraches, vesces, monnaie-du-pape, coquelicots, trèfles blancs, roses, jaunes, coronilles, lotiers... Chez moi, si j'ai bien quelques rosiers, aucun hortensia, dahlia ni pelargonium mais ronces, orties, houblon, gaillets; pas non plus de murs de béton vert - c'est-à-dire dire de thuyas - mais des saules marsault, noisetiers, troënes, aubépine, érables, frênes.
Evidemment, jamais d'engrais, de désherbants ni d'insecticides.
Le résultat c'est que mon jardin grouille de vie, pour ma plus grande joie : oiseaux, bien sûr, mais aussi chenilles, papillons, bourdons, abeilles, fourmis, araignées et toutes sortes de petites bêtes qui sont ici chez elles. Jamais je n'ai de pullulations de quoi que ce soit, de pucerons par exemple, l'équilibre se fait tout seul grâce aux coccinelles, chrysopes et larves de syrphes qui peuplent ces quelques mètres carrés.
C'est aussi un moyen de militer activement pour la préservation de la biodiversité, surtout dans nos milieux péri-urbains où prolifèrent tondeuses, gyrobroyeuses et poisons chimiques de toutes sortes.
Une association fait la promotion, très exactement, de ce type de "jardins sauvages" : Ponema.
J'adhère !
fleur de Bourrache (Borrago officinalis), photographiée dans mon jardin

Publié dans Coups de coeur

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Bahoum 05/09/2005 15:58

Je suis scrupuleusement d'accord avec vous. Mort à Versaille ! Sus à Lenotre !

Nelly 13/05/2005 12:30

La photo est si belle!
Oui, chacun peut devenir un gardien de la biodiversité... Votre hymne aux espèces sauvages est enthousiasmant!
Amicalement,
Nelly